News : Maladies neurologiques essentiellement infantiles
L’épilepsie est le plus souvent une maladie de l’enfant, qui peut parfois se poursuivre à l’âge adulte. En France, 250.000 jeunes de moins de 20 ans souffrent d’épilepsie, soit 0,8% de la population infantile. Mais il faut savoir que 5% des enfants de moins de 5 ans feront un évènement épileptique isolé mais ne deviendront pas pour autant épileptiques.
L’épilepsie correspond à une mauvaise synchronisation de certaines populations de neurones dans le cerveau. Cette anomalie neurologique se produit plus facilement au cours du développement cérébral, lorsque les connexions cérébrales se mettent initialement en place, d’où le fait que ce sont souvent des enfants qui sont atteints de cette maladie.
Pour comprendre les crises d’épilepsie, il faut imaginer le cerveau comme un gigantesque réseau électrique avec des connexions de toute part qui sont soient excitatrices soient inhibitrices. Les connexions les plus utilisées vont perdurer, tandis que les moins actives vont tendre à disparaître. Or pour une raison le plus souvent inconnue, il arrive que certaines connexions excitatrices persistent au lieu de disparaître, entraînant une activité anormale, ponctuelle et extrêmement rapide, dite épileptique. A la longue de telles activités peuvent avoir des répercussions sur les fonctions intellectuelles et cognitives : perte du langage, des perceptions cognitives, de la motricité par exemple. C’est pourquoi il est toujours préférable de diagnostiquer l’épilepsie le plus tôt possible afin de pouvoir intervenir à un stade où les connexions cérébrales sont encore en développement et donc réversibles.
Le problème est de détecter la manifestation de la crise épileptique
En effet, une crise d’épilepsie peut facilement passer inaperçue, tellement les manifestations peuvent être diverses. C’est d’ailleurs pourquoi il est plus juste de parler d’épilepsies au pluriel que de l’épilepsie.
Finalement, la crise d’épilepsie est rarement aussi spectaculaire qu’on l’imagine classiquement (convulsions, secousses musculaires, mouvements saccadés incontrôlables). Les manifestations sont plutôt de l’ordre des sensations (hallucinations olfactives, auditives, gustatives) ou des pertes de conscience partielle ou totale (regard fixe, battements des paupières, gestes répétitifs, crispation, perte de tonus, etc.). En fait, tout dépend de la région cérébrale qui est affectée et de son étendue. Et bien entendu, plus la crise est sévère, plus il convient d’intervenir en urgence.
Chez les nourrissons, il peut s’agir par exemple de spasmes suivis de pleurs. Chez l’enfant on peut observer des « absences », qui plus tard expliqueront une baisse des résultats scolaires. La crise peut encore survenir sous forme de chutes brutales et répétées ou d’une perte rapide du langage.
Quand et comment traiter l’épilepsie ?
L’interrogatoire et la connaissance des comportements habituels de l’enfant sont indispensables. L’électroencéphalogramme peut être utile pour le diagnostic mais les anomalies repérées ne signent pas toujours une épilepsie et n’indiquent aucunement s’il s’agit d’une crise isolée ou si l’enfant deviendra épileptique.
Ce n’est qu’en cas de crises répétées que l’on décide d’intervenir. Lorsqu’elles sont ponctuelles (dites convulsions fébriles), elles cessent le plus souvent spontanément vers l’âge de 5-6 ans.
Le traitement est médicamenteux, il repose sur la prescription d’un antiépileptique, aujourd’hui très efficace. En revanche, il est parfois nécessaire d’en essayer plusieurs avant de trouver celui qui convient le mieux (en fonction des effets secondaires : fatigue, somnolence, poids…). Par ailleurs, ce traitement est à prendre sur le long terme (on tente classiquement un arrêt progressif un an à deux ans après la dernière crise).
En règle générale, une personne bien prise en charge mène une vie normale. Il existe cependant quelques restrictions notamment chez les adultes comme la conduite ou l’utilisation de certaines machines.
Il arrive que certaines épilepsies soient résistantes à ces médicaments (20 à 30% des cas). On peut alors dans certains cas recourir à la chirurgie qui consiste à réaliser une incision dans la zone cérébrale responsable des crises ou à procéder à son ablation, à condition bien sûr que celle-ci ne soit pas impliquée dans des fonctions irremplaçables. Ce type d’intervention a été rendu possible grâce au perfectionnement des techniques d’imageries qui permettent des localisations géographiques et fonctionnelles très précises.
Devis gratuit pour une complémentaire santé
| 10 mars 2008 |
| Auteur :Carte Blanche Santé Infos |
| |
